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Les idées reçues
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Il ne faut surtout pas parler de suicide avec les adolescents car ça pourrait leur donner des idées FAUX Il est difficile d'imaginer qu'un adolescent n'ait jamais entendu parler de suicide ou des tentatives de suicide. Ne pas en parler avec lui (elle), c'est transmettre le message que nous ne sommes pas prêts à en parler avec lui (elle). Vers qui se tournera t-il alors en cas de problème ?
- Il ne faut pas accorder de l'importance aux menaces suicidaires d'un adolescent car si on n'y prête pas attention, ça passera.
FAUX
Un adolescent qui a l'impression de ne pas être entendu lorsqu'il s'exprime verbalement ou par son attitude aura d'autant plus tendance à passer aux actes.
- Les tentatives de suicide à l'adolescence sont surtout un appel au secours, voire un chantage. Ceux qui veulent vraiment se tuer y arrivent. Les autres font du cinéma.
FAUX
Il y a d'une part beaucoup de survivants de suicides qui se disent heureux d'être en vie ; d'autre part, il y a beaucoup de décès suite à ce qui n'aurait dû être qu'une tentative de suicide, mais qui a raté et s'est terminé par la mort.
- Les personnes qui en parlent ne se suicident pas
FAUX
Sur dix personnes qui ont fait une tentative de suicide, sept s'en étaient ouvert à leur entourage. Toute allusion au suicide doit être prise au sérieux.
- Suicidaire un jour, suicidaire toujours
FAUX
Une tentative de suicide reste le facteur de risque le plus important pour une répétition du geste suicidaire. Néanmoins, si la crise suicidaire a été correctement gérée, l'adolescent peut reprendre le cours de sa vie et de son développement en envisageant dorénavant d'autres moyens que la mort pour faire face aux difficultés de la vie.
- Ceux qui passent à l'acte sont vraiment décidés à mourir
FAUX
Un jeune ne recherche pas nécessairement la mort mais avant tout un changement dans sa vie. Lorsqu’on a l’impression qu’il n’existe plus d’autre solution, celle du suicide peut apparaître comme la seule qui reste.
- Parler de suicide à une personne qui y pense risque de la pousser à agir
FAUX
En parler, c'est montrer que nous pouvons entendre ce que l'adolescent peut avoir à dire, même de plus effrayant. Demander à un adolescent s'il envisage de se tuer, c'est lui montrer qu'on perçoit sa détresse et qu'on la prend au sérieux.
- Le suicide est héréditaire, c'est une affaire de famille
FAUX
Il peut y avoir une certaine prédisposition génétique à des types de dépression qui, à leur tour, peuvent amener au suicide. Néanmoins, il n’y a pas un gène du suicide identifié à ce jour. Il apparaît essentiel de prendre en compte l’effet des interactions entre les facteurs génétiques et l’environnement sur une personne. Cependant, il est vrai que d'avoir été confronté au suicide d'un proche agit comme un véritable traumatisme qui peut, à son tour, fragiliser une personne jusqu'à la rendre suicidaire.
- Le suicide est un problème d'enfants riches trop gâtés ?
FAUX
La souffrance d’une personne est universelle et peut devenir débordante, peut importe d’où l’on vient, notre niveau économique, notre famille, … S'il est vrai que le taux de suicide des jeunes est différent selon les pays, cette différence ne semble pas dépendre, lorsqu'il s'agit de jeunes, de la richesse, du taux chômage ou du niveau socio-culturel.
- Une amélioration après une crise suicidaire signifie que le risque est passé ?
FAUX
Le premier mouvement après une crise suicidaire ou même une tentative de suicide est la banalisation de ce qui s'est passé, tant par le jeune suicidant lui-même que par son entourage. Ignorer un problème n'est pas le résoudre. Affirmer que tout va mieux maintenant ne veut pas dire qu'on a compris ce qui s'est passé, et qu'on a des garanties raisonnables que dans une situation semblable dans l'avenir le suicide ne sera pas envisagé comme solution.
- Certaines tentatives de suicide sont sans gravité
FAUX
La létalité d'un suicide tenté n'est pas la mesure de la gravité. Toute attaque de son propre corps est grave car elle signifie que le jeune n'a plus eu accès aux mots pour exprimer. Plus que le moyen utilisé, c’est le fait d’avoir voulu se donner la mort qui est grave et qu’il faut pouvoir entendre chez un jeune et l’aider à ne plus voir cette solution comme étant la seule possible.
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